Zone de libre-échange continentale africaine: Entre mirage et miracle

Zone de libre-échange continentale africaine: Entre mirage et miracle

L’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA, ZLEC ou Zlecaf) a été singée le 21 mars 2018 par 44 pays lors d’un sommet de l’Union africaine à Kigali au Rwanda. Cette signature a été le fer de lance de ce projet pour booster les économies mais beaucoup de choses à faire pour la liberté des échanges commerciaux.

Abdul Wahab ADO

Créer un marché unique pour les marchandises et les services facilité par la circulation des personnes afin d’approfondir l’intégration économique du continent africain et conformément à la vision panafricaine d’une «Afrique intégrée, prospère et pacifique » telle qu’énoncée dans l’Agenda 2063; avoir un marché libéralisé pour les marchandises et services à travers des cycles successifs de négociations ; contribuer à la circulation des capitaux et des personnes physiques et faciliter les investissements en s’appuyant sur les initiatives et les développements dans les États parties et les CER; poser les bases de la création d’une union douanière continentale à un stade ultérieur; promouvoir et réaliser le développement socio-économique inclusif et durable, l’égalité de genres et la transformation structurelle des États parties; renforcer la compétitivité des économies des États parties aux niveaux continental et mondial;  promouvoir le développement industriel à travers la diversification et le développement des chaînes de valeurs régionales, le développement de l’agriculture et la sécurité alimentaire; et  résoudre les défis de l’appartenance à une multitude d’organisations qui se chevauchent, et accélérer les processus d’intégration régionale et continentale.  Ce sont là, les objectifs visés pour la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine. La concrétisation de ce projet permettra de : éliminer progressivement les barrières tarifaires et non-tarifaires au commerce des marchandises; libéraliser progressivement le commerce des services ; coopérer  en matière d’investissement, de droits de propriété intellectuelle et de politique de concurrence. Le projet vise également à  coopérer dans tous les domaines liés au commerce; la coopération dans le domaine douanier et dans la mise en œuvre des mesures de facilitation des échanges; l’établissement d’un mécanisme de règlement des différends ’’’concernant leurs droits et obligations. Peut-on vraiment atteindre ces défis après l’entrée en vigueur de la Zlecaf se demandent plusieurs analystes, économistes et financiers et hommes d’affaires du continent africains.  Si le projet est lancé, le reste viendra selon d’autres pour le développement des économiques africaines.

La Zlecaf, l’intégration des régions pour un marché commun

La zone de libre-échange continentale africaine doit regrouper la région tripartite de libre-échange, et doit inclure d’une part, le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). La seconde région regroupe la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb arabe et la Communauté des États sahélo-sahariens. L’objectif  est d’intégrer l’ensemble des 55 Économies de l’Union africaine au sein de la zone de libre-échange. Pour rappel, le projet de zone de libre-échange continentale a été pris en compte en janvier 2012, lors de la 18eme session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine. L’objectif fixé pour créer cette zone de libre-échange est l’année 2017. Mais ce n’est que le 21 mars 2018, que l’accord a été signé avec 44 pays. Quelques autres pays qui ont des réserves ne rejoignent pas le projet, tels que le Nigeria, le Burundi, l’Érythrée, la Namibie et la Sierra Leone. Selon les traités de l’accord, en fin décembre 2018, il ne restait que la ratification de 7 États sur les 22 nécessaires pour sa mise en place. Ainsi, le 29 avril 2019, le seuil des 22 États est atteint avec la ratification du Sahara occidental et de la Sierra Leone. Il faut préciser que le 7 juillet 2019, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, et le président du Bénin, Patrice Talon, ont signé l’accord de libre-échange lors d’un sommet de l’Union africaine à Niamey, au Niger, portant à 54 le nombre des pays signataires. L’Érythrée devient le seul pays africain à n’avoir pas rejoint la ZLECA. Le 15 décembre 2019, l’Algérie ratifie l’accord de libre-échange. Le défi qui reste à relever est la mise en place du secrétariat. 

Codjovi Dieudonné Assouvi

« Il faut avoir des industries de transformation pour tirer profit de la Zlecaf »

Les réformes sont en cours pour la mise en œuvre effective de la  zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Dans, cet entretien, Codjovi Dieudonné Assouvi, manager en chef de la Zlecaf pour le  Bénin parle des défis à relever pour que les pays africains puissent tirer profit de la Zlecaf.

Magazine Eco : Pourquoi, certains emploient Zlec et d’autres Zlecaf pour le projet de la zone de libre-échange en Afrique ?

Codjovi Dieudonné Assouvi : l’appellation la zone de libre-échange puis après la zone de libre échange continentale africaine. C’est ce qui fait que certains emploient Zlec et d’autres Zlecaf. En fait, c’est la zone de libre échange continentale africaine. Cela veut dire que c’est à partir du constat que le commerce intra africain est très faible et tourne autour de 10 à 12% et les chef d’Etat en 2012 ont pris la décision de créer cette zone de libre échange pour pouvoir éliminer entre les pays africains qui sont 55, les barrières douanières et après les barrières non tarifaires entre ces pays là pour pouvoir promouvoir le commerce intra africain.  C’est-à-dire on enlève tout ce qui constitue des obstacles au commerce entre les pays africains pour pouvoir doper ce commerce. C’est de ça qu’il s’agit la zone de libre-échange continentale africaine.

Quelles sont les opportunités que présente la zone de libre-échange continentale africaine  pour les entreprises du continent ?

Ce projet de la zone de libre-échange continentale africaine ouvre un grand marché qui est un marché de plus d’un milliard de consommateurs, de clients pour toutes les entreprises où qu’elles se trouvent en Afrique. Cela veut dire que lorsque vous produisez par exemple dans un pays X, ou au Bénin par exemple, vous avez la possibilité de faire écouler  votre produit sur le plus grand marché qui est composé 55 pays dont plus d’un milliards de consommateurs. C’est une opportunité à saisir d’autant que les obstacles qui empêchaient de faire le commerce avec l’Algérie le Nigéria, en principe devraient être levés pour faciliter le commerce intra africain.

Quel est le rôle que le Bénin a joué dans le projet de la zone de libre-échange continentale africaine ?

Le Bénin a participé en tant que pays négociateur et entre temps, sa signature a été gelée pour avoir des concertations  nationales d’appropriation de ce processus d’intégration par les entreprises béninoises et par les cadres béninois. Ce processus a été accomplis courant janvier jusqu’à juillet 2019. Et le 07 juillet 219, le chef de l’Etat qui s’est rendu à Niamey au  Niger a signé l’accord pourtant la création de la zone de libre-échange continentale africaine  qui est entré en vigueur depuis le 30 mai 2018.

Dite nous les priorités du Bénin dans la zone de libre-échange continentale africaine

Les priorités du Bénin dans cette zone de libre-échange continentale africaine, c’est la transformation structurelle de l’économie béninoise. Cela veut dire qu’il faut transférer les facteurs de production dans les secteurs peu assorti vers les secteurs à forte production. Par exemple le Bénin a choisi au moins cinq produits à promouvoir à savoir le riz, le maïs, l’ananas, le karité et autres. Il va falloir qu’on crée de la valeur ajoutée sur ces produits, c’est-à-dire avoir des industries de transformation pour que le Bénin soit prêt pour tirer profit de la zone de libre-échange continentale africaine. C’est de ça qu’il s’agit. Si on n’encourage pas la valeur ajoutée de nos produits, on ne pourra pas tirer profit pleinement de cette zone de libre-échange continentale africaine. En même temps, c’est une opportunité mais c’est aussi un risque pour les produits qui ne vont pas se lancer dans la compétitivité industrielle. Donc le Bénin doit s’inscrire dans cette dynamique pour tirer profit de la zone de livre échange continentale africaine.  Tout compte fait, le marché reste ouvert pour les entreprises béninoises  comme pour toutes les entreprises de l’Afrique.

Qu’est ce que les opérateurs économiques béninois ont à titrer de la zone de libre-échange continentale africaine ?

Les opérateurs économiques ont beaucoup à tirer de la zone de libre-échange continentale africaine et depuis que l’accord a été signé le 30 mai, on a donné jusqu’à juillet 2020 pour commencer les premiers échanges sous la bannière de la zone de libre-échange continentale africaine. Le Bénin à un intérêt a organisé son économie, organisé les groupes d’entreprises à approfondir les séances d’appropriation  pour que lorsque le top va être donné prochainement, le Bénin puisse être au rendez-vous. L’intérêt pour nous dans cette zone,  c’est de nous organisé et de nous s’efforcer à briser les tabous et les habitudes qui nous tirent derrière  pour aller vers une Afrique plus intégrée.

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