Monétique dans l’Uemoa: Blaise Ahouantchédé, le précurseur

Monétique dans l’Uemoa:  Blaise Ahouantchédé, le précurseur

Mathieu SERI

Au sein du Gim-Uemoa, l’ex DG Blaise Ahouantchédé a marqué les esprits par son leadership

130 banques et institutions et plus de 9000 services interconnectés, 5 millions de cartes bancaires dans la zone Uemoa, des mil­liards de flux traités annuelle­ment sur la plateforme. C’est le travail abattu par le Groupement interbancaire monétique de l’Union économique et mo­nétaire Ouest africaine (Gim-Uemoa) de­puis 17ans. Au regard de ce bilan, c’est une satisfaction. Facteur incontestable de l’en­racinement de l’épargne et du système bancaire, Gim-Uemoa a donné la pleine capacité de ses missions grâce à Blaise Ahouantchédé, seul à tenir ses rênes pen­dant 17ans.

Cadre béninois ayant évolué dans le do­maine des finances, Blaise Ahouantchédé est un ingénieur diplômé de polytech­nique de Thiès au Sénégal depuis 1993. Il se rendit ensuite en France où, il décrocha en 1996, le poste de responsable projet bancaire au Crédit agricole puis trois an­nées après, celui de chef de projets finan­ciers et bancaires au crédit agricole ‘‘Indo­suez’’ avant d’occuper en 2001, le poste de directeur de projets bancaires, moyens de paiement et tenues de compte à la

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caisse des dépôts et consignations, tou­jours en France. Ces différentes responsa­bilités lui ont permis de renforcer sa maî­trise du secteur financier et bancaire, toutes choses qui lui ont valu, à son retour au pays de s’investir dans le projet du Gim-Uemoa dont il fut l’un des pionniers. Il est ainsi désigné en 2003, par le conseil des chefs d’Etats de l’Ue­moa en qualité de di­recteur général du Groupement interban­caire. Ce fut le début d’un nouveau chantier pour l’enracinement de la monétique interban­caire, un chantier qui ne l’a pas empêché de renforcer ses compé­tences en s’inscrivant en 2005 à l’Université Paris-Dauphine d’où il ressortit avec un MBA.

Associé à la fondation du projet de Groupement interbancaire monétique dans l’Uemoa, Blaise Ahouant­chédé, s’est révélé, durant tout ce temps, la cheville ouvrière de la révolution moné­tique dans la sous-région. Il a initié et conduit d’importants chantiers pour l’amélioration et le renforcement des pres­tations des banques membres du groupe­ment.

Années de gloire au Gim-Uemoa

17 années passées au service de la moné­tique interbancaire dans l’Uemoa et Blaise Ahouantchédé a convaincu. En le portant à la tête de l’institution, les chefs d’Etats ne croyaient pas avoir trouvé l’oiseau rare. Mais avec humilité les résultats du techno­crate sont là et forcent l’admiration. Il a en effet, montré sa maî­trise des enjeux du secteur, en étant, force de propositions et d’innovations. En bon visionnaire, il a reconnu les objec­tifs et aspirations des Etats et y a travaillé jusqu’à son départ. Blaise Ahouantchédé a réussi à donner une personnalité juri­dique au Gim-Ué­moa. En relation avec la Banque cen­trale et la commu­nauté bancaire, Gim-Uemoa a pu mettre en place un socle juridique, réglementaire, normatif, technique et opérationnel du système bancaire régional de l’Uemoa. Le groupe­ment qui était sous sa férule, visait à pro­mouvoir les systèmes et moyens de paie­ments électroniques ou numériques auprès du secteur bancaire et financier, des administrations et des populations. Convaincu de cet idéal, Blaise Ahouant­chédé a conduit la mise en place d’une plateforme technique régionale afin de

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Il se rendit ensuite en France où, il décrocha en 1996, le poste de respon­sable projet bancaire au Crédit agricole puis trois années après, celui de chef de projets financiers et bancaire au crédit agricole ‘‘In­dosuez’’ avant d’occuper en 2001, le poste de directeur de projets bancaires, moyens de paiement et tenues de compte à la caisse des dépôts et consignations, toujours en France.

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garantir l’interopérabilité et la compensa­tion des opérateurs avec les règlements sur les comptes bancaires à la BCEAO au moyen de ‘‘Star-Uemoa’’. Entre 2011 et 2012, Blaise Ahouantchédé est parvenu à signer des accords d’établissement ou de siège avec plusieurs pays de la sous-ré­gion.

Manager hors-pair

Pour se faire plus proche de la cible, Gim-Uemoa a eu de nombreuses initia­tives sous la houlette de Blaise Ahouant­chédé. Communica­tion institutionnelle ‘‘Gim-Academy’’, le centre d’appel et le salon monétique, sont entre autres ces initiatives. Grâce à ‘‘Gim-Academy’’ ouvert depuis 2004, c’est plusieurs professionnels et usagers de la monnaie électronique qui ont été formés. Déjà 14 ans d’expériences et plus que ja­mais l’impact de cet Academy ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Parallèlement à ce programme, cette fine fleur du secteur fi­nancier a initié l’appui à la formation dans les écoles et universités au moyen de conférences et séminaires. Aussi, un centre d’appel est mis à la disposition des partenaires et usagers pour leur per­mettre de faire part de leurs requêtes et préoccupations sans discontinue, sachant qu’il est opérationnel 24h/24 et 7j/7. En bon manager, Blaise Ahouantchédé a com­pris que le Gim-Uemoa n’est rien sans les banques partenaires et les usagers et a oeuvré à leur accorder tout le mérite pos­sible. Quant au Salon monétique régional (SMR) initié depuis 2008, il est en voie de devenir ‘’ The place to be’’ dans les manifesta­tions monétiques en Afrique. Ce salon s’est rapidement imposé comme une plateforme de rencontres des ac­teurs des moyens de paiements électro­niques. Ce salon contri­bue au développement et à l’intégration écono­mique par diverses so­lutions monétiques et, a déjà connu cinq éditions toutes soldées par un éclatant succès.

Blaise Ahouantchédé a également mis en place une politique de communication ins­titutionnelle à fort impact. Ce qui a per­mis à ce jour à Gim-Uemoa de jouir d’une très grande audience dans sa cible, en l’oc­currence, les entreprises bancaires et sys­tèmes financiers décentralisés. A tout ceci, s’ajoute la politique de sécurisation des cartes bancaires, dans un contexte d’aug­mentation croissante de la cybercriminali­té grâce au ‘‘Security data’’. Il a été en effet instigateur de véritables révolutions, dont certaines se sont soldées par des consé­crations. En témoignent les nombreux prix

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Le groupement qui était sous sa férule, visait à promouvoir les systèmes et moyens de paiements électroniques ou numériques au­près du secteur bancaire et finan­cier, des administrations et des populations.

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De sacre en sacre

Porté par le souci d’une gestion rigou­reuse, Blaise Ahouantchédé a instauré une politique de gestion qualité à Gim-Uemoa en 2015. Cette mesure qui est venue en renfort à la stratégie de gestion orthodoxe déjà en cours dans l’institution a permis d’augmenter son pres­tige grâce à certains prix et trophées. Gim-Uemoa a été de­puis 2010, lauréat du prix d’or cauri dans la catégorie cauri de l’en­treprise la plus inno­vante.

Le secret de l’homme reste le principe de col­laboration étroite avec les banques et la gestion des paiements en Afrique. Reçu dans divers ordres de mérites da nombre de pays de l’Uemoa, il est un allié des Etats de la sous-région qu’il a accompagnés dans la monétique, paiements électro­niques, cybersécurité et autres. Passionné du sport notamment du football, il adore beaucoup la marche. Pour Blaise Ahouant­chédé qui dit aimer passer de bons mo­ments en famille, il y a cependant un temps pour travailler, un temps pour se consacrer aux affaires familiales. Le cadre professionnel représente pour lui une autre famille. Ses collaborateurs recoin­naissent un leader effacé, un team mana­ger qu’un chef.

Du Gim-Uemoa à Harvard University, Ahouantchédé vise toujours loin

Après 17 années à la tête du plus grand re­groupement bancaire et d’institutions fi­nancières de l’Uemoa avec de très brillants résultats, Blaise Ahouantchédé n’entend plus s’en contenter. Au lieu de se s’accro­cher éternellement, le Béninois a décidé d’aller se ressourcer dans la première uni­versité au monde. Il s’est en effet inscrit à Harvard University aux Etats unis d’Amé­rique où il suit ac­tuellement des cours. Ceci, en dépit de nombreuses autres propositions de promotion qui lui ont été faites par plusieurs Etats. Une option singu­lière qui contraste avec l’habitude des cadres internationaux de sa catégorie qui après une pareille mission, se dé­couvrent des vocations d’homme poli­tique dans leur pays.

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Quant au salon moné­tique régional (SMR) initié depuis 2008, il est en voie de devenir ‘’ The place to be’’ dans les manifestations monétiques en Afrique.

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Porté plutôt par la soif du savoir, il pose ses valises à l’université d’Harvard. Une manière pour lui d’affiner davantage ses compétences et de se maintenir dans la crème du milieu financier mondial. D’où le choix de cette université, qui couve de très grands chercheurs et leaders mon­diaux de plusieurs domaines. Harvard n’est plus à présenter. En témoignent ses performances sur plusieurs classements relatifs aux universités du monde. Si Blaise Ahouantchédé s’est retiré dans cette uni­versité, c’est certain qu’il saura mieux re­bondir et impacter le monde après.

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