Investissement dans l’Uemoa:La Brvm, un marché rentable

Investissement dans l’Uemoa:La Brvm, un marché rentable

La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), offre beaucoup d’opportunités pour les investisseurs du marché régional. Mais, ces mécanismes d’intervention ne sont souvent pas connus de tous les hommes d’affaires et investisseurs.
Abdul Wahab ADO
Améliorer la notoriété de l’entreprise notamment par rapport à ses clients, aux banques ou aux partenaires potentiels, diversifier et augmenter le nombre des actionnaires, améliorer l’assise financière de l’entreprise et diminuer son taux d’endettement, améliorer la croissance de l’entreprise et procéder à de nouveaux investissements. Ce sont là quelques avantages d’une entreprise qui désire s’introduire en bourse. Dans cette dynamique la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan, a réussi à brancher la sous-région à la finance mondiale. Le marché boursier régional compte à la date d’aujourd’hui, 46 sociétés cotées avec 54 lignes obligataires, 4 Sukuks cotés, 333.314 titres échangés en moyenne journalière ; 547,35 millions FCFA transigés en moyenne journalière ; 10,30 PER moyen du marché ; 3,48% de liquidité du marché. L’Organisation du marché boursier, la cotation et la négociation des valeurs mobilières, la diffusion des informations boursières, la promotion et le développement du marché, constitue les principales missions de la BRVM. La Brvm constitue de ce fait un outil efficace de mobilisation de financement.
Installée en Côte d’Ivoire, la bourse régionale des valeurs mobilières est un instrument au service de plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine. Créée en 1993, le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a décidé de mettre sur pied, une bourse régionale des valeurs mobilières commune aux huit pays membres : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo, la Guinée-Bissau, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Le processus de mise en place de la Bourse régionale s’est déroulé en plusieurs étapes et a abouti au démarrage de ses activités en 1998. Elle dispose d’antennes nationales au niveau de chaque pays membre. L’organisation de la gestion collective des valeurs mobilières permet dans de bonnes conditions d’investir en actions et en obligations, et d’impulser une dynamique de développement plus forte du marché. Les autorités de régulation du marché des valeurs mobilières de l’Uemoa ont a cet égard crée un cadre réglementaire permettant l’émergence et le développement de fonds mutuels via des sociétés de gestion. Au sein de l’Uemoa, les fonds mutuels sont des portefeuilles de valeurs mobilières détenues collectivement par des investisseurs institutionnels – ou particuliers qui en délèguent la gestion à une société de gestion de placement collectif. La gestion collective des valeurs mobilières s’effectue au sein des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM).  Les principaux avantages des fonds mutuels pour les clients (particuliers, investisseurs institutionnels) sont la sécurité des placements (du fait de la diversité des investissements), la souplesse (grâce aux liquidités dont disposent les fonds) et la simplicité de fonctionnement (la gestion des actifs des fonds mutuels étant déléguée à un gestionnaire). Le graphique suivant présente la répartition des actifs gérés par les OPCVM :
Un développement spectaculaire des investissements
La gestion collective de l’épargne des agents économiques qui investit en valeurs mobilières par les professionnels à travers les fonds mutuels, a connu un développement spectaculaire au cours des dernières années à la bourse régionale. Les deux premiers fonds mutuels ont vu le jour 26 juin 2000. Depuis, cette forme de gestion d’actifs ne cesse de se développer. Le nombre de fonds créés a progressé de manière remarquable : fin 2016, on compte sur le marché 57 fonds mutuels dont une Société d’investissement à capital variable (sicav) diversifiée, 3 fonds communs de placement (FCP) obligations à court terme, 13 FCP obligations à moyen et long terme, 9 FCP actions et 31 FCP diversifiés (dont 5 fonds communs de placement d’entreprise, FCPE). Ces dernières années, des flux d’investissements très importants ont été dirigés vers les organismes de placement commun en valeurs mobilières. Le montant des actifs gérés par les sociétés de gestion a connu une expansion importante et se chiffre en 2016 à 665,38 milliards de FCFA contre 279,66 milliards en 2015, soit une progression de 57,97 % par an. Ce dynamisme s’explique, sans doute, par une multiplication de l’offre, avec la création de nouvelles sociétés de gestion.
Les bonnes performances des fonds mutuels
L’étude de la performance des fonds mutuels sur un échantillon de 13 fonds communs de placement à la BRVM faisant partie des catégories obligations, actions et diversifiés, sur la période allant du 2 septembre 2013 au 16 décembre 2016, à travers trois indicateurs de performance ajustée au risque le ratio de Sharpe modifié, le ratio d’information et le ratio de Treynor Mazuy, montre que les fonds mutuels de la BRVM sont en moyenne plus performants que l’indice BRVM Composite. Celui-ci représente la valeur moyenne de l’ensemble des actions cotées à la Bourse. En outre, les gestionnaires de fonds mutuels à la BRVM possèdent de réelles capacités en termes de sélectivité et d’anticipation du marché. De tels résultats justifient l’intérêt d’investir dans ces types de placements financiers. Enfin, le classement par catégories, indique que les fonds mutuels les plus performants sont FCP actions, suivis des fonds FCP diversifiés.
Comment se faire coter en bourse ?
L’introduction en bourse est un événement très important pour une entreprise. Il se distingue comme la cotation sur le marché boursier des actions d’une entreprise. Cette procédure n’est pas aussi simple et nécessite une bonne étude des principes et des conditions d’admissibilité à la bourse. L’introduction en bourse se fait de deux manières : soit en créant de nouvelles actions par augmentation de capital soit en cédant les anciennes actions sur le marché boursier. Etre coté sur une Bourse des Valeurs Mobilières, en l’occurrence la BRVM, c’est faire le choix de la notoriété, de la transparence dans le cadre de la levée des fonds pour financer ses investissements et d’une certaine maturité dans la gouvernance au sein de l’entreprise. Être coté à la BRVM nécessite une démarche, le respect de certaines conditions d’admission, la fourniture de documents requis et le respect des obligations d’information.

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