Coronavirus Etat d’urgence économique en Afrique

Coronavirus Etat d’urgence économique en Afrique

Le Covid-19 est rapidement passé de l’étape d’épidémie à celle de pandémie. Après la Chine et l’Europe, le mal étale ses tentacules en Afrique. Compromettant durement une économie qui avait déjà du mal à s’affirmer.

Félicienne HOUESSOU

L’économie africaine connaît une petite inflation. Le secteur de la vente des produits de paris urbains est fortement atteint. En effet, une bonne partie des courses hippiques sur objets de paris en Afrique se déroulent en Europe. Or, à l’image de la France qui a suspendu ces courses du 17 mars au 15 avril 2020, l’Europe n’organise plus ces jeux. Conséquences, les structures africaines en charge des jeux équestres ne savent plus à quel saint se vouer. C’est le cas de la Loterie nationale du Bénin (LNB) qui tire une bonne partie de ses ressources des paris sur les courses hippiques.

De même, les layettes et autres produits fabriqués en Chine sont difficiles à trouver sur le marché africain.  Ce qui a fait grimper les prix de vente et obliger certains revendeurs à mettre une pause à leurs activités. « Les gens ont peur des produits qui viennent de la Chine et se disent qu’ils peuvent être contaminés », a renseigné un commerçant camerounais, Omer Tchato. Dans le même ordre d’idées, le marché de friperie a aussi marqué un coup d’arrêt.

Une nouvelle économie se développe

L’économie africaine ploie sous le joug de la pandémie du 21ème siècle. Cette dernière remet en cause les normes des marchés du continent noir avec la création de nouvelles sources de revenus en même temps qu’elle constitue un goulot d’étranglement pour celles existantes. Ainsi, un nouveau business se développe autour de la fabrication et commercialisation des produits pour se protéger contre le coronavirus. Il s’agit des gels hydroalcoliques et des cache-nez. Ces activités sont devenues très rentables depuis quelques semaines en Afrique. En effet, face à une demande de plus en plus forte, les commerçants n’hésitent pas à augmenter les enchères. De 1000 FCFA, la petite boîte de gel est passée à 2000 voire 3000 FCFA par endroits. Les cache-nez ordinairement cédés à 1OOO FCFA la boîte sont aussi passés jusqu’à 3OOO FCFA. Mieux, dans certaines capitales africaines, le commerce de l’eau savonneuse se développe aux alentours des grandes artères. De quoi donner des idées aux artisans africains qui ne se sont pas fait prier pour tirer leur épingle du jeu. « Je fais fabriquer des gels et des cache-nez que je propose à des prix défiants toutes concurrences », a confié Oswald Minassoua, opérateur économique à Cotonou. « Je vends les gels à partir de 1000 FCFA et les cache-nez à partir de 100 FCFA », a-t-il ajouté.

La diaspora peine à assister l’Afrique

Les africains vivants en Europe et aux Etats-Unis constituent un soutien financier important pour leurs familles respectives en Afrique. Avec la pandémie du coronavirus, ils sont contraints de s’isoler et d’abandonner leur travail. Ce qui fait qu’ils ne peuvent plus apporter le même soutien à leurs parents. Ainsi le flux de transferts de fonds internationaux a considérablement baissé.  

Le marché financier africain se mobilise

Les institutions financières volent au secours des Etats africains. De la Banque ouest africaine de développement (BOAD) à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest en passant par la Banque africaine de développement (Bad), des soutiens financiers affluent pour venir en aide au continent. La BOAD a décidé de l’octroi de 196,6 milliards FCFA aux Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) à la faveur de la 116ème session ordinaire de l’institution, tenue le lundi 25 mars 2020 par visio-conférence. De même, la BCEAO a DES mesures pour faire face aux graves conséquences sur l’activité économique et financière engendrées par le covid19 dans la Zone de l’Union économique et monétaire ouest africaine. A travers un communiqué en date du samedi 21 mars 2020, l’institution a dévoilé son plan de riposte en huit points.

Quant à elle, la Banque africaine de développement a levé le 27 mars 2020, 4,6 milliards de dollars US, soit 2741,98 milliards FCFA sur les marchés financiers internationaux pour faire face à la pandémie de Covid-19 et venir au secours de l’économie du continent.

La situation n’est pas reluisante ailleurs  

La mévente s’est installée sur les marchés occidentaux. Avec la baisse du prix du baril de pétrole brut par l’Arabie saoudite et la Russie, les Etats africains sont dans le pétrin. Le baril qui oscillait entre 50 et 60 dollars US est passé à 30. En effet, le Nigéria, l’Angola, le Ghana, pour ne citer que ces pays, se retrouvent dans une situation où ils ne peuvent plus respecter leurs prévisions budgétaires. Puisqu’une bonne partie de leurs budgets est basée sur la mobilisation des ressources issues de la vente du pétrole, ils sont dans l’obligation de les revoir à la baisse.

La fermeture des frontières, une des mesures prises par de nombreux gouvernements pour limiter la propagation du Covid-19 a rendu les intrants médicaux difficiles à trouver. Pis, les produits alimentaires et autres qui circulaient d’Etat en Etat, ont des difficultés en Afrique. Même si certains pays ont ouvert leur espace aérien aux vols commerciaux, il n’en demeure pas moins vrai qu’ils sont privés des recettes issues des vols passagers.

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